Réhabiliter les jeunes en conflit avec la loi

Sans mesure de réinsertion ou de soutien, les mineurs récidivent une fois leur peine privative de liberté terminée. Le Centre Onésime de l’ONG Chryzalid accueille des jeunes sortant de prison ou des mineurs qui y sont placés par la justice.

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CHRYZALID travail dans les serres (1)
22 juin 2022
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En Côte d’Ivoire, 80% des mesures appliquées aux mineurs en conflit avec la loi sont des peines privatives de liberté. Mais sans mesure de soutien et de réinsertion, ces jeunes retombent le plus souvent dans la délinquance à leur sortie de prison. Pour y remédier, et contribuer à une société plus solidaire et sûre, l’ONG Chryzalid a créé en 2018, en partenariat avec la Fraternité des Prisons en Côte d’Ivoire, le Centre Onésime, à Taboitien, à une centaine de kilomètres d’Abidjan.  

Grâce à la collaboration du Ministère Ivoirien de la Justice, le Centre accueille des mineurs sortant de prison, mais est également un lieu de placement, à la place de l’incarcération. La grande majorité des jeunes placés ont entre 16 et 18 ans. La plupart d’entre eux vivaient dans la rue et ont été jugés pour consommation ou trafic de drogue, ou pour vol.  

 

Une formation pour l’avenir

Durant leur séjour au Centre Onésime, les mineurs sont formés en agriculture et pisciculture durant neuf mois. Cette formation aboutit à un diplôme reconnu, permettant aux jeunes de se réinsérer ensuite plus facilement dans la société.

“Si Dieu permet que je gagne de l’argent après mon départ du centre Onésime, je reviendrai faire un don; c’est grâce au centre que je suis devenu un enfant conscient des dangers de la rue”,

témoigne un jeune pensionnaire. Un suivi post-formation permet également aux jeunes adultes de se lancer dans leur activité professionnelle, notamment grâce à une distribution de kits de démarrage comprenant semences et outils. 

 

Des jeunes motivés

Au Centre Onésime, un encadrement social est effectué par des éducateurs mandatés par le Ministère Ivoirien de la Justice. Les jeunes bénéficient d’un suivi médical et psychologique, d’activités sportives et artistiques. Une médiation familiale permet également aux parents d’être sensibilisés aux problèmes rencontrés par leurs enfants, et de désamorcer les conflits familiaux. 

« Les résultats sont encourageants, relève Laurence Girod, chargée de projets pour Chryzalid. A leur arrivée au Centre, certains jeunes étaient très renfermés. Et quand je me suis rendue sur place, j’ai vu des gens épanouis, avec une incroyable envie d’apprendre et de changer de vie. Tous ont témoigné avoir beaucoup évolué et se sentir bien. » 

La première étape du projet, d’une durée de 3 ans, arrive à son terme. La prochaine phase sera consacrée à pérenniser le projet, trouver des partenaires locaux, et envisager des activités génératrices de revenus pour contribuer aux finances du Centre. La réinsertion professionnelle sera également développée, et des pistes comme la réalisation de stages dans des exploitations agricoles externes sont explorées. 

 


 

 

Chryzalid en bref : Soutient des projets dans les pays du Sud et de l’Est afin d’aider les détenus à se reconstruire et se réinsérer, ainsi que leurs familles et les victimes. 
Projet : Centre Onésime 
Lieu : Taboitien, Côte d’Ivoire 
Problématique : Récidive des mineurs touchés par des peines privatives de liberté

 

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