Le laboratoire de justice
Sur ce blog, StopPauvreté vous propose une série d’articles pour approfondir certaines thématiques. Dans ce laboratoire de justice, les idées viendront se mélanger, réagir les unes aux autres… et peut-être créer quelque chose de nouveau ?
La pauvreté, ses causes et ses conséquences ont de nombreuses facettes, et régulièrement StopPauvreté choisit un thème qui aborde cette grande question sous un angle différent. Nous étudierons ces facettes plus en profondeur dans ce laboratoire.
Actuellement, notre thème est : Transformer les épées en socs de charrue : réagir aux conflits armés. La guerre a un impact direct sur la pauvreté (impossibilité de planter ou de récolter, nécessité subite de quitter son pays ou sa région, blessures et perte de capacités, etc.) En parallèle, de nombreux gouvernements choisissent depuis 2025 de réduire le budget de la coopération au développement (c’est-à-dire de lutte contre la pauvreté) au profit de celui de la défense.
Qu’impliquent ces décisions pour celles et ceux qui vivent dans la pauvreté ? Et pour les Eglises, en particulier en Suisse ? Comment comprendre l’invitation des prophètes Esaie et Michée à « transformer les épées en socs de charrue »? Le Laboratoire de justice vous propose humblement quelques pistes de réflexion…
Derniers articles
La province du Guéra au Tchad est connue pour permettre une cohabitation pacifique entre communautés religieuses. Cette réalité n’est pas le fruit du hasard, mais elle est due au travail sans relâche de personnes déterminées à laisser place au dialogue plutôt qu’aux armes et à la vengeance.
Les puissants ne peuvent pas instaurer la paix par la force. Mais nous, à notre échelle, pouvons la construire chaque jour en transformant nos épées en socs de charrue — une vision biblique vieille de 3000 ans qui reste étonnamment actuelle.
« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas à la manière du monde. » (Jean 14.27, NFC) Jésus a fait cette promesse à ses disciples peu avant sa mort, en pleine période de turbulences et de violence. La paix politique n’était pas en vue, loin de là. Au contraire : les tensions entre les groupes juifs et l’occupant romain ont conduit, quelques décennies plus tard, à la destruction de Jérusalem. Que voulait donc dire Jésus par « paix » ?
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu ! (Matthieu 5.9)
Si vis pacem, para bellum (« Si tu veux la paix, prépare la guerre »). Cet adage latin bien connu reflète la sagesse populaire qui voit dans la préparation à la guerre la meilleure solution pour garantir la paix. La logique est la suivante : si la guerre menace, il faut armer la population pour la préparer à répondre au conflit, ce qui lui permettra de protéger les faibles et donc d’apporter ou de maintenir la sécurité pour tous. Cette logique pousse de nombreuses nations à augmenter massivement leurs budgets militaires.
Que se passe-t-il après un crime pour les personnes qui en sont victimes ? Un acte criminel laisse des traces indélébiles, bien au-delà des blessures physiques. Les séquelles sont avant tout émotionnelles, avec des questions lancinantes qui persistent : pourquoi cela m'est-il arrivé ? Pourquoi ai-je été choisi comme victime ? Comment vais-je pouvoir continuer à vivre avec ces traumatismes ? Tandis que le système judiciaire traditionnel se concentre essentiellement sur la détermination de la culpabilité et l'application de sanctions, la justice restaurative propose une approche radicalement différente. Elle crée des espaces de dialogue où les victimes, les auteurs et les personnes impliquées peuvent se rencontrer. L'objectif n'est plus de simplement attribuer une faute, mais de permettre la guérison, d'encourager la prise de responsabilité et d'ouvrir de nouvelles perspectives de reconstruction personnelle et collective.
L'ONU qualifie le changement climatique de « multiplicateur de menaces » : il ne provoque pas nécessairement des conflits, mais il exacerbe les tensions sociales et politiques préexistantes, surtout là où les institutions sont fragiles ou là où règnent des injustices. Les catastrophes climatiques amplifient ces dynamiques, notamment dans les pays du Sud, et augmentent ainsi le risque de conflits armés. Les questions de justice environnementale doivent donc être envisagées non seulement comme des enjeux de durabilité, mais aussi comme des enjeux de paix. La volonté d’agir existe à de nombreux niveaux, mais la mise en œuvre reste difficile. C’est précisément à ces défis que Damaris Eschbach s’est attaquée dans le cadre de son mémoire de master en systèmes de construction intégrés à l’ETH Zurich — un engagement pour la paix d’un genre un peu différent.
"Les guerres ne sont jamais menées pour des raisons altruistes. Elles sont menées en général pour l’hégémonie, pour les affaires. Et puis, bien sûr, il y a l’affaire de la guerre." – Arundhati Roy, écrivaine et militante indienne.
Quel rapport entre la pauvreté, la justice et les conflits armés ? La réponse du prophète Michée :
Pierre Lukaszewski de MEDAIR s'est penché sur les enjeux de paix et de guerre dans le travail des ONG.









